Lecture d’un week-end

pluvieux

Jacques Audiard, The Sisters Brothers

like Sisters

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Aurélien Ferenczi, Jacques Morice Publié le 02/10/2018. Telerama

Vous avez vu “Les Frères Sisters” de Jacques Audiard ? Vous n’avez pas peur des “spoilers” ? Alors que le film dépasse les 600 000 entrées, il nous a semblé opportun de faire la lumière sur certaines zones d’ombre : quelques questions et autant de réponses pour mieux goûter le western de Jacques Audiard.
Qui est l’auteur du roman “Les Frères Sisters” ?

« Assis devant le manoir du Commodore, j’attendais que mon frère Charlie revienne avec des nouvelles de notre affaire. La neige menaçait de tomber et j’avais froid, et comme je n’avais rien d’autre à faire, j’observai Nimble, le nouveau cheval de Charlie. Mon nouveau cheval à moi s’appelait Tub. Nous ne pensions pas que les chevaux eussent besoin de noms, mais ceux­-ci nous avaient été donnés déjà nommés en guise de règlement partiel pour notre dernière affaire, et c’était ainsi. Nos précédents chevaux avaient été immolés par le feu ; nous avions donc besoin de ceux-là. »

Ainsi débute Les Frères Sisters, le livre (chez Babel, la collection de poche d’Actes Sud), signé Patrick deWitt, canadien de 43 ans, qui vit à Portland. Ce second roman, publié en 2012, a été qualifié par Télérama, sous la plume de Christine Ferniot, de « formidable western, à la fois réaliste et parodique, [qui] va au-delà de l’hommage à un genre littéraire. ». On remarquera que Jacques Audiard commence son film un peu plus tôt : par les chevaux coincés dans un incendie… Patrick deWitt est aussi l’auteur du scénario de Terri, réalisé en 2011 par Azazel Jacobs : le film était interprété par John C. Reilly et produit par son épouse, Alison Dickey
Jacques Audiard est-il le premier Français à mettre en scène un western ?

Non et oui. Il y eut au temps du muet des westerns tournés en France, du côté de la Camargue, et puis, plus tard, à l’époque du western européens, des tentatives éparses (Une corde, un colt, de Robert Hossein) ou des détournements comiques (Les Pétroleuses, de Christian-Jaque). Avant que Jan Kounen parte filmer son Blueberry au Mexique, il y avait aussi l’aventure singulière de Serge Bourguignon (né en 1928) qui, après l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour Les Dimanches de Ville d’Avray, s’attela à un western moderne : La Récompense a pour acteurs principaux Max Von Sydow et Yvette Mimieux (qui fut longtemps la compagne du cinéaste) et une sale réputation de film maudit – et invisible. Mais un Français a-t-il déjà réalisé un western à la façon des grands films sur l’Ouest des années 70 ? Non, pas à ma connaissance !
Comment le compositeur Alexandre Desplat s’est-il attaqué pour la première fois à une musique de western ?

Réponse (par e-mail) de l’intéressé, oscarisé l’an passé pour La Forme de l’eau : « Comment aborder la musique d’un western ? D’abord la panique. Comment me dégager de la nasse étouffante, du poids écrasant des glorieux aînés: l’orchestre symphonique épique d’Elmer Bernstein pour Les sept mercenaires, de John Barry pour Danse avec les loups ou de Bruce Broughton pour Silverado ? Le romantisme opératique aux sonorités déglinguées d’Ennio Morricone pour Il était une fois dans l’Ouest ? Le folk orchestral de John Williams pour Missouri Breaks ou le blues folk-rock dépressif de Neil Young pour Dead Man ?

Alors comme je le fais habituellement mes recherches se sont concentrées sur les personnages, leur trajectoire. Leur passé et leur avenir. Les humains, les quatre habitants de ces images inventées. L’amour fraternel de tueurs flamboyants et minables (Elie et Charlie) dans la préhistoire d’un pays naissant, un amour fait de complicité, de souvenirs communs et de non-dits. L’amitié naissante de deux êtres en quête du sens de leur vie (Morris et Warm) qui, passé le cap de la défiance, vont s’unir.

J’avais traité la musique d’Un Prophète comme un western, justement : cor solo suggérant de grands espaces où tous les héroïsmes sont possibles alors que l’image ne proposait que l’enfermement. Et si ces rencontres, ces tueries, ces aventures et le défilé des grands paysages se déroulaient dans un cadre urbain ? Comment sonnerait la musique ? C’est cette voie qui a permis de trouver le ton du film : un conte macabre, où le langage devient l’étincelle pour éclairer les consciences, avec de l’humour, où la quête de l’or révèle du fantastique et de la violence.

Pas d’orchestre symphonique. Pas de cuivres flamboyants. Pas d’instruments folks. Un combo plutôt jazz avec piano, piano préparé, piano Fender, guitares (acoustique et electrique), violoncelle électrique, contrebasse, batterie et, cerise sur le gâteau, un violon électrique joué par Solrey [l’épouse d’Alexandre Desplat] qui a interprété toutes les musiques des films de Jacques comme violon solo et qui par des sons concrets, des frottements, des vibrations, des accords tendus ou des scintillements délicats déréalise le son du combo en le nimbant d’une atmosphère de poésie étrange.

C’est ce son de violon qui reste en tête une fois le film terminé. »
Qui est Mayfield, l’étrange tenancier·ère du saloon ?

Tout en autorité ambiguë, joues rosées, buste auguste et coupe à la torero, le personnage surgit derrière le comptoir. Est-ce un homme déguisé en femme ou l’inverse ? Difficile de trancher, mais pas de quoi s’appesantir – il y a juste une petite allusion de la part des frères Sisters. Cette Mayfield omnipotente gère le saloon mais aussi la ville, qui porte son nom ! La comédienne se cachant derrière et jetant le trouble ainsi en très peu de scènes s’appelle Rebecca Root et elle est transgenre. Britannique, elle s’est faite connaître dans une sitcom (Boy Meets Girl) de la BBC. On la verra bientôt dans Colette.
Hermann Warm est-il un charlatan ou un inventeur surdoué ?

Il y a de l’alchimiste dans le personnage joué par Riz Ahmed : ses recherches scientifiques l’ont conduit à inventer une méthode révolutionnaire pour faire briller l’or des rivières. Une fois ce corrosif révélateur mêlé à l’eau, les chercheurs d’or n’ont qu’à se baisser. La seule fois où il essaye sa trouvaille, ça tourne mal ; et le doute est possible : peut-être a-t-il seulement rendu les pierres phosphorescentes ? Des cailloux que Charlie Sisters, exalté par la promesse d’une richesse soudaine, aurait pris pour des pépites ? Au spectateur qui se poserait la question, Jacques Audiard répond de façon catégorique : Hermann Warm est bien un génie, voire « un messie », ce qui justifie l’adhésion prosélyte de John Morris, le détective lettré joué par Jake Gyllenhaal. Pas de chance, Hermann Warm ne survivant pas à l’histoire, son invention ne nous est pas parvenue.
Comment comprendre la dernière séquence, le retour des frères chez leur mère ?

A l’origine, elle devait être beaucoup plus découpée. C’est au dernier moment qu’Audiard a changé son fusil d’épaule et a décidé d’en faire un long plan-séquence ondoyant (un peu truqué, grâce à d’imperceptibles fondus au noir), qui passe de pièce en pièce, dans la maison maternelle. Est-ce un rêve ? Des souvenirs qui reviennent à la surface et se fondent dans le présent ? La scène fut compliquée à mettre en scène, nécessita pas mal de prises, sans que les acteurs rechignent. Au contraire, ils y ont pris du plaisir. La caresse du soleil et le rideau qui bouge, soulevé par un léger vent, sont la réplique d’une autre scène du film, qui était, elle, funèbre. Même le sentiment de paix peut être équivoque.

vu avec Cleo à Grenoble, ça en fera des souvenirs…

 

tool, lateralus par brass AGAINST

https://en.wikipedia.org/wiki/Lateralus_(song)

le live (assez recent)

Black then white are all I see
In my infancy
Red and yellow then came to be
Reaching out to me
Lets me see.
As below, so above and beyond, I imagine
Drawn beyond the lines of reason.
Push the envelope.
Watch it bend.
Over thinking
Over analyzing
Separates the body from the mind.
Withering my intuition
Missing opportunities and I must
Feed my will to feel my moment
Drawing way outside the lines.
Black then white are all I see
In my infancy.
Red and yellow then came to be
Reaching out to me
Lets me see.
There is so much more and
Beckons me to look through to these
Infinite possibilities.
As below, so above and beyond, I imagine
Drawn outside the lines of reason.
Push the envelope.
Watch it bend.
Over thinking
Over analyzing
Separates the body from the mind.
Withering my intuition
Leaving opportunities behind.
Feed my will to feel this moment
Urging me to cross the line.
Reaching out to embrace the random.
Reaching out to embrace whatever may come.
I embrace my
Desire to
I embrace my
Desire to
Feel the rhythm
To feel connected
Enough to step aside
And weep like a widow
To feel inspired
To fathom the power
To witness the beauty
To bathe in the fountain
To swing on the spiral
To swing on the spiral
To…
Swing on the spiral of our divinity and
Still be a human.
With my feet upon the ground
I lose myself between the sounds
And open wide to suck it in
I feel it move across my skin
I’m reaching up and reaching out
I’m reaching for the random or
What ever will be wilder me
What ever will be wilder me
And following our will and wind
We may just go where no one’s been
We’ll ride the spiral to the end
And may just go where no one’s been
Spiral out
Keep going
Spiral out
Keep going
Spiral out
Keep going
Spiral out

plus léger :

https://www.revolvermag.com/music/10-things-you-didnt-know-about-tools-lateralus

Una terapia dei morti allegri

Voglio una terapia
Contro la nostalgia
Ti ricordi, ti ricordi, ti ricordi?
Giuro non mi ricordo più
Prevedo il mio successo
Revival di me stesso
Quello che voglio è storia
Quello che cerco è una memoria

Anni ’50 mia padre balla il rock’n roll
Anni ’60 mia madre chiusa in fabbrica
Anni ’70 tutti con le P38
Anni ’80 e siamo tutti al centro della moda

C’era una terapia
Contro la nostalgia
Non dirmi che si stava bene
Non dirmi qui si stava meglio
Un passo nel progresso
E poi due passi indietro
Voglio una storia tutta nuova
E poi rifare tutto uguale

Anni ’50 mia padre balla il rock’n roll
Anni ’60 mia madre chiusa in fabbrica
Anni ’70 tutti con le P38
Anni ’80 e siamo tutti al centro della moda

Anni ’50 America-Russia
Anni ’60 ti saluto dalla luna
Anni ’70 stanno arrivando gli UFO
Anni ’80 e siamo tutti al centro della moda
Anni ’90 un pensiero unico…
Anni ’90 un pensiero unico…
Anni ’90 un pensiero unico…
Anni ’90 un pensiero unico…

Resta poco da fare…
Prendi le tue cose e vai…
Prendi le tue cose e vai…
Prendi le tue cose e vai…
A sud?

https://youtu.be/V2MTrBXdUiE

Climat : il y a un espoir de limiter le réchauffement mais au prix d’un sursaut international

https://is.gd/ZMr8fX

Selon le rapport spécial du GIEC présenté lundi, au rythme actuel du réchauffement, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052

Par Pierre Le Hir

Y croire encore, envers et contre tout. Et surtout, agir enfin. Même si la bataille est très mal engagée… Un rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), présenté lundi 8 octobre au terme d’une semaine de discussions tendues entre les représentants de 195 Etats, à Incheon (Corée du Sud), entretient l’espoir ténu qu’il reste une chance de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle.

Cela, alors même que tous les voyants sont au rouge : une concentration atmosphérique de gaz à effet de serre sans précédent depuis au moins 800 000 ans, des records de température battus année après année, des vagues de chaleur, des pluies diluviennes et des ouragans dévastateurs attestant que le dérèglement climatique est à l’œuvre.

Mais cet ultime espoir ne sera préservé, montre le rapport, qu’au prix d’un sursaut international dans la lutte contre le réchauffement.

Eclairer les gouvernements

L’accord de Paris, scellé en décembre 2015 lors de la COP21, prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». A la demande des pays les plus vulnérables, comme les nations insulaires menacées de submersion par la montée des océans, a été ajoutée la nécessité de poursuivre « l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ». Les Etats ont alors commandé au GIEC un rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées ».

Ce rapport de 400 pages, établi par près d’une centaine d’auteurs de quarante pays sur la base de plus de 6 000 études scientifiques, donne lieu à un « résumé à l’intention des décideurs » d’une vingtaine de pages, destiné à éclairer les gouvernements.

Cette synthèse, qui doit être approuvée ligne à ligne par les représentants des Etats, a été adoptée, à l’unanimité, mais à l’issue de négociations qualifiées par un observateur de « rugueuses », notamment avec la délégation des Etats-Unis et avec celle de l’Arabie saoudite. « Des reformulations ont été faites, des précisions apportées, mais il y a eu finalement consensus sur les conclusions du rapport », indique Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail sur les sciences du climat du GIEC. Lire aussi Climat : le sommet de San Francisco s’achève, entre volontarisme et catastrophisme

Un tableau sans appel

« Ce rapport [du GIEC] délivre quatre grands messages, résume-t-elle. Le changement climatique affecte déjà les populations, les écosystèmes et les moyens de subsistance. Chaque demi-degré de plus compte et il y a des avantages indéniables à limiter le réchauffement à 1,5 °C plutôt que 2 °C. Ne pas dépasser 1,5 °C n’est pas impossible, mais cela demanderait des transitions sans précédent dans tous les aspects de la société. Enfin, contenir le réchauffement à 1,5 °C peut aller de pair avec la réalisation des objectifs du développement durable, pour améliorer la qualité de vie de tous. »

Le tableau brossé par le GIEC est sans appel. Depuis l’ère préindustrielle, la température planétaire a déjà augmenté d’environ 1 °C. Il ne reste donc que quelques fractions de degré avant d’atteindre le seuil fatidique de 1,5 °C. Selon les projections des chercheurs, au rythme de réchauffement actuel, ce seuil sera franchi entre 2030 et 2052. Les travaux antérieurs du GIEC indiquaient que, sans inflexion de la courbe des émissions de gaz à effet de serre, la surchauffe pourrait avoisiner 5,5 °C à la fin du siècle.

« Il n’existe pas de trajectoire unique et définitive pour limiter le réchauffement à 1,5 °C », préviennent les experts. Le chemin pour y parvenir est étroit. Deux scénarios principaux sont envisagés. Dans le premier, la hausse de la température est stabilisée à 1,5 °C ou juste en dessous. Dans le second, qui apparaît hasardeux, ce plafond est dépassé vers le milieu du siècle pendant quelques décennies, avant de redescendre à 1,5 °C avant 2100.

Hausse du niveau des mers

Mais il faudrait alors, pour compenser ce dépassement temporaire, recourir ensuite à des « émissions négatives ». En clair, extraire du CO2 de l’atmosphère, par exemple en plantant d’immenses forêts absorbant du carbone, ou en faisant pousser des cultures ensuite brûlées dans des centrales, avec des systèmes de captage et de stockage dans le sous-sol du dioxyde de carbone. Or ces techniques ne sont pas éprouvées à grande échelle et pourraient avoir des conséquences délétères pour les écosystèmes et les ressources naturelles.

L’un des points forts du rapport est de mettre en évidence la différence d’impacts entre un monde plus chaud de 1,5 °C et de 2° C, même si ces impacts seront sévères dans l’une et l’autre hypothèses. Ainsi, dans le premier cas, la hausse du niveau des mers à la fin du siècle sera comprise entre 26 cm et 77 cm, soit 10 cm de moins que dans le second cas, ce qui réduira de plus de 10 millions le nombre de personnes exposées à ce risque. Une fonte complète de la banquise arctique en été surviendra une fois par siècle dans le premier cas, une fois par décennie dans le second.

Dans la plupart des régions habitées, l’intensité des vagues de chaleur grimpera de 3 °C dans un cas, de 4 °C dans l’autre. Les précipitations torrentielles seront encore plus importantes avec 2 °C, en particulier dans les hautes latitudes de l’hémisphère Nord, en Amérique du Nord et en Asie.

Selon le GIEC, dans un monde plus chaud de 1,5 °C ou de 2° C, l’intensité des vagues de chaleur grimpera de 3 °C dans un cas, de 4 °C dans l’autre.
Selon le GIEC, dans un monde plus chaud de 1,5 °C ou de 2° C, l’intensité des vagues de chaleur grimpera de 3 °C dans un cas, de 4 °C dans l’autre. PATRICK HERTZOG / AFP

Un gigantesque défi

Deux fois plus d’animaux vertébrés (8 %), trois fois plus d’insectes (18 %) et deux fois plus de plantes (16 %) perdront plus de la moitié de leur aire naturelle de vie dans le second scénario que dans le premier. Entre 70 % et 90 % des récifs coraliens risquent d’avoir disparu à la fin du siècle dans un cas, mais 99 % dans l’autre.

Les pêcheries verront leurs prises annuelles chuter de 1,5 million de tonnes dans le premier cas, de plus de 3 millions de tonnes dans le second. Les grandes cultures céréalières, dont dépend la subsistance de milliards d’individus, seront elles aussi moins affectées par un demi-degré de moins, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est et en Amérique Centrale et du Sud. Et plusieurs centaines de millions de personnes seront moins menacées de sombrer dans la pauvreté.

Pour éviter le pire, calculent les chercheurs, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient commencer à décroître « bien avant 2030 », en baissant d’ici-là de 45 % par rapport à leur niveau de 2010. Un gigantesque défi, sachant que ces émissions, après deux années de stagnation, sont reparties à la hausse en 2017 et, selon les premières données, atteindront un nouveau record cette année. Une sortie accélérée des énergies fossiles, à commencer par le charbon, est donc indispensable.

« A la croisée des chemins »

« Nous sommes à la croisée des chemins, souligne Valérie Masson-Delmotte. Des mondes à + 1,5 °C ou + 2 °C seront très différents. Contenir le réchauffement exige des actions très ambitieuses dans tous les domaines – énergie, industrie, gestion des terres, bâtiments, transports, urbanisme –, ce qui signifie un changement radical de comportements et de modes de vie. Si nous n’agissons pas d’ici à 2030, la porte se refermera. »

Voilà pourquoi, de son côté, le Fonds mondial pour la nature (WWF), appelle à « un big bang écologique, pour les décideurs et pour l’humanité tout entière ». Directrice de Greenpeace international, Jennifer Morgan ajoute : « Les gouvernements ont demandé ce rapport. Ils doivent maintenant agir sur cette base. »

Ce document viendra en effet nourrir les travaux de la COP 24 qui se tiendra du 3 au 14 décembre en Pologne et qui devra définir le processus de révision des engagements de réduction de leurs émissions pris par les Etats lors de la COP 21 de Paris. Ces engagements – à supposer qu’ils soient tenus – conduisent pour l’instant la planète vers un réchauffement de l’ordre de 3°C à la fin du siècle.