crème Budwig

La crème Budwig est un repas cru, naturel, composé uniquement de produits frais. Le rapport de la quantité des vitamines + oligo-éléments à celle des calories y est extraordinairement favorable.

Après le jeûne nocturne, l’organisme a consommé une grande partie des substances énergétiques. Le petit-déjeuner doit permettre de se recharger en énergie avec des sucres lents et rapides de bonne qualité, de bons acides gras, des protéines, des vitamines et des minéraux.
La crème Budwig permet de rassembler tous ces éléments sous une forme agréable pour que notre corps puisse reconstruire ses cellules, se recharger en énergie et stimuler ses forces de guérison.
Composée d’éléments vivants de premier choix, elle est une cure de jouvence offerte à l’organisme chaque matin et répond à tous les points forts d’une alimentation saine.
Faire sa crème Budwig tous les matins peut être le premier pas vers une alimentation plus saine et par là une meilleure santé.

RECETTE ORIGINALE DE LA CRÈME BUDWIG

  • 4 cuillères à café de fromage blanc maigre à 0%
  • 2 cuillères à café d’huile vierge biologique de première pression à froid riche en acides gras polyinsaturés (AGPI) (Madame Kousmine préconisait l’huile de lin, riche en omega 3).

Battre énergiquement l’huile et le fromage blanc pour émulsionner l’ensemble. On ne doit pas voir de traces d’huile.
Ajouter :

  • Le jus d’un demi citron,
  • Une banane mûre écrasée ou 1 c à c de miel,
  • 2 c à c de céréales complètes crues fraîchement moulues,
  • 1 ou 2 c à c de graines oléagineuses complètes crues, fraîchement moulues,
  • Des fruits de saison, entiers, en morceaux, râpés ou mixés.
Le fromage blanc ou équivalent :

Source de protéines, il sert de liant et permet d’émulsionner l’huile. Suivant le goût et l’état de santé, on choisira : du fromage blanc biologique à 0%, ou séré maigre, des yaourts biologiques (ou au lait de chèvre ou de brebis, des yaourts au bifidus ou des K-phyllus, à l’acido-phyllus).
En cas d’intolérance aux produits laitiers ou dans les maladies dégénératives, remplacer par : du fromage blanc ou du yaourt de soja biologique, du tofy soyeux, des laits végétaux… ou une compote de fruits doux.

Les huiles vierges de première pression à froid :

Point essentiel de la recette, l’huile vierge de première pression à froid, riche en AG poly-insaturés (riche en oméga 3) est essentielles pour le maintien d’une bonne santé. C’est elle qui donne à la crème Budwig ses propriétés thérapeutiques. Elle nous fournit les précieux acides gras insaturés, essentiels pour le bon fonctionnement de nos cellules (en particulier pour le système nerveux et la qualité de la muqueuse intestinale) et favorisent une bonne immunité (précurseurs des prostaglandines).

NB : Ce sont des huiles fragiles qu’il faut conserver au froid au réfrigérateur après ouverture et consommer rapidement.

Les meilleures huiles pour la préparation de la crème Budwig :
L’huile de lin (en Allemagne, en Suisse, en Belgique) : irremplaçable pour les maladies liées à une déficience du système immunitaire et pour les problèmes intestinaux (constipation, diverticules…) Elle doit être consommée dans les trois semaines qui suivent son ouverture. On peut la remplacer par de l’huile de Cameline, aussi riche que l’huile de lin en omega 3.
Autres huiles de valeur : l’huile de noix, de germes de blé, de colza.
 

Le jus de citron :

Riche en vitamine C, B, P, en carotène, en pro vitamine A, en sels minéraux, il est antioxydant et alcalinisant malgré son acidité. Il favorise la fixation du calcium et des autres sels minéraux.
Il est antiseptique, bactéricide, tonique, hypotenseur et détoxiquant.
 

Les céréales :

Elément capital de la crème, choisir des céréales complètes biologiques, pouvant germer. Choisir une seule sorte de céréales à la fois, et les moudre juste avant utilisation pour éviter l’oxydation (l’idéal est un moulin à céréales à meules de pierre, à défaut, utilisez un moulin à café électrique avec de petites pressions successives pour ne pas échauffer la mouture). Seules les céréales fraîchement moulues permettent à l’association fruits-céréales d’être digeste. Pour cette raison, ne pas utiliser de flocons de céréales achetés.

Les meilleures céréales pour la préparation de la crème Budwig :
Sarrasin : doux et émollient, riche en minéraux, vit P, sans gluten, vit P, lutte contre la diarrhée.
Avoine : fortifiante et stimulante (hiver), riche en phosphore, bénéfique en cas de constipation.
Orge : rafraîchissante (été), riche en phosphore, favorise la lactation.
Millet : riche en vitamine A et en silice, reminéralisante, sans gluten.
Riz : équilibré, digeste, nutritif et sain, sans gluten.

Ne pas utiliser de blé ni de seigle.
Les céréales sont source de fibres et de sucres lents, de protéines, de vitamines du groupe B, de minéraux, il est important de varier leur utilisation.
 

Les oléagineux :

Ils sont riches en Acides Gras Essentiels et en protéines (qui complètent celles des céréales), en vitamines B et en minéraux. Ils permettent de modifier le goût de la crème.

On choisira un seul oléagineux à la fois :
le lin moulu (vit F et mucilages), le sésame moulu (protéines et calcium), le tournesol (protéines, vit F, vit E), les noix ou amandes (protéines, calcium, magnésium, vit E), les pignons (vit B1, B2, PP, phosphore, fer, calcium), les noisettes, les graines de courges.
On peut, suivant le cas, moudre les graines ou les consommer entières (sauf lin et sésame), dans ce cas elles seront plus digestes si on les met à tremper pendant la nuit.
Les moudre favorise la digestibilité et l’absorption des protéines, c’est indispensable pour le lin et le sésame.
Comme pour les céréales, il est important de varier les oléagineux.
 

Les produits sucrants :

Il faut bannir le sucre blanc qui n’apporte que des calories vides, fait grossir, constipe et entraîne une dépendance : “le sucre appelle le sucre”. Il est en outre très acidifiant.

Choisir parmi les produits suivants :

  • Banane biologique mûre, écrasée (potassium, fer, magnésium) ou miel non chauffé (minéraux, vitamines, levures, aliment reconstituant, vivant, de grande valeur),
  • Sucre complet (c’est du jus de canne à sucre évaporé riche en sels minéraux),
  • Raisins secs, dattes… en quantité modérée.

L’agent sucrant peut être supprimé, les fruits de saison sucrant parfois suffisamment.
 

Les fruits frais de saison :

Choisir des fruits doux et bien mûrs, non traités (et non irradiés ! car les rayons gamma détruisent les vitamines). Pour certaines personnes fragiles, l’addition de fruits peut entraîner des aigreurs, des ballonnements. Ces inconvénients disparaissent lorsque la santé s’améliore. Dans ce cas, il est indiqué de râper ou d’écraser les fruits et de les laisser quelques minutes à l’air avant consommation, ou alors utiliser des fruits cuits (à la vapeur) ou des compotes. Une autre solution consiste à prendre la crème seule et à manger les fruits en fin de matinée.
Choisir des fruits de saison, et varier : pommes, poires, fraises, framboises, cassis pèches, abricots très mûrs, raisins… Éviter les agrumes (trop acidifiant).

Cas particuliers

On peut rajouter 1 cuillère à dessert de pollen qui contient tous les acides aminés essentiels, des vitamines, des hormones de croissance. Le pollen est minéralisant et complète admirablement la crème.
On peut ajouter un jaune d’oeuf frais (complément protéique + fer).
On peut sucrer la crème avec du sirop d’argousier très riche en vitamine C.
Une variante salée : en remplaçant l’agent sucrant et les fruits par du sel marin, de l’ail et des aromates (ciboulette, menthe, persil, basilic…), on obtient une très bonne “sauce” pour tremper des crudités ou accompagner des pommes de terres vapeur.

Alerte biodiversité : le vivant s’effondre

Lorène Lavocat (Reporterre)

https://reporterre.net/Alerte-biodiversite-le-vivant-s-effondre

Depuis quarante ans, 60 % des populations de vertébrés ont disparu. Poissons, mammifères, reptiles, amphibiens « n’ont jamais décliné à un rythme si rapide, qui est aujourd’hui cent à mille fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques », s’alarmait l’an dernier le WWF. Mais il ne fait pas bon avoir six pattes non plus : d’après une étude publiée début 2019, les insectes pourraient disparaître d’ici un siècle. Où que l’on regarde, les signaux sont au rouge. La biodiversité — qui recouvre la diversité des écosystèmes, des espèces animales ou végétales et des gènes — est si menacée que l’on parle désormais d’une possible sixième extinction de masse.

« Il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur le fait que nous vivons une crise générale de la biodiversité et un effondrement universel, rapide et qui s’accélère », affirme Yann Laurans, directeur du programme biodiversité de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Un consensus alarmiste qui ressort du rapport sur « l’état de la biodiversité mondiale », à paraître lundi 6 mai. Pendant trois ans, près de 500 chercheurs réunis au sein de l’IPBES — acronyme désignant la « plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques » — ont compilé, analysé et synthétisé l’ensemble des connaissances sur le sujet. Le fruit de leur travail, c’est donc cette étude « historique », selon M. Laurans, comparable au dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) pour le climat.

Peu d’éléments ont fuité de ce rapport — qui estimerait qu’entre 500.000 et 1 million d’espèces pourraient disparaître dans les prochaines décennies — car le travail des scientifiques doit d’abord être passé au crible des 130 États représentés. Du lundi 29 avril au lundi 6 mai, dans les bâtiments de l’Unesco à Paris, se tient la septième assemblée plénière de l’IPBES. À cette occasion, « les gouvernements vont critiquer et commenter certains résultats, certains chiffres », explique Yunne Shin, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), et coordinatrice d’un des chapitres de l’évaluation. À l’issue de ces discussions, un « résumé des décideurs » sera adopté, qui servira de guide pour les politiques. L’an prochain aura en effet lieu en Chine une COP de la biodiversité. Un sommet crucial, d’après Arnaud Gauffier, du WWF, car « nous n’avons pas d’engagements forts des pays en faveur de la préservation et de la restauration des espèces et des écosystèmes ». Adoptés en 2010, les objectifs d’Aïchi, qui ambitionnaient un maintien de la biodiversité, ne seront pas atteints… et surtout, ils prendront fin en 2020.

« Si la fondation de la cathédrale du vivant s’effondre, tout le monde dégringolera »

« Il faut donc construire un consensus politique sur l’urgence d’agir, et alerter les opinions sur l’état de la biodiversité », estime M. Gauffier. Le rapport de l’IPBES, le premier de cette envergure depuis quinze ans, doit ainsi être un pas décisif dans ce processus. « Disposer d’une base scientifique sur laquelle tous les États se sont accordés, c’est important, note ainsi Hélène Soubelet, de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Cela permettra de contrer les “biodiversité sceptiques”, qui nous disent que la technologie va nous sauver. » « Les travaux du Giec ont permis qu’on parle désormais beaucoup des effets délétères du changement climatique, même si ça a mis du temps, dit Yunne Shin. En ce qui concerne la biodiversité, on en reste parfois à l’image des grands animaux à protéger. On voudrait placer l’urgence sur la biodiversité au même niveau que l’urgence climatique. ». Arnaud Gauffier parle pour sa part de « cathédrale de la biodiversité » à protéger : « L’édifice du vivant repose sur des fondations — microorganismes, bactéries, champignons, insectes — relativement invisibles mais essentielles, décrit-il. Si la base s’effondre, tout le monde dégringole. »

Malgré la catastrophe annoncée, malgré les alertes multiples, les décisions peinent à venir. Comme un signe de mauvais augure, ni le président de la République ni le Premier ministre ne seront présents ce lundi pour l’inauguration de la session de l’IPBES à l’Unesco. Pourquoi la disparition des espèces mobilise-t-elle si peu ? « À l’inverse du climat, où l’on dispose d’indicateurs relativement simples comme les tonnes de carbone ou la température, la biodiversité est bien plus difficile à étudier, explique Hélène Soubelet. Il y a plein d’espèces qu’on ne connaît pas, les facteurs de pression sont multiples, et les interactions complexes. »

Un phénomène difficile à étudier et donc difficile à expliquer, à diffuser. Surtout, « préserver la biodiversité implique de changer nos modes de production et de consommation, c’est assez ambitieux, voire altermondialiste », analyse Arnaud Gauffier. Les études scientifiques coïncident sur un point, selon Hélène Soubelet : « Les activités humaines, qu’elles soient extractives, agricoles, de pêche sont les facteurs de pression majeurs. Le changement dans l’utilisation des terres, que ce soit pour les cultiver ou pour les artificialiser, est une des principales causes de perte de biodiversité. » Si nous voulons nous sortir de ce mauvais pas, les solutions technologiques ne suffiront pas, « il faudra changer de comportements, de modèle économique, et de valeurs », insiste M. Gauffier. Même son de cloche du côté d’Hélène Soubelet : « On a dix ans pour agir avant de possibles effondrements écosystémiques en cascade, dix ans pour passer d’un modèle de surconsommation à un modèle de sobriété. » Vaste programme !

« Sans catastrophe majeure, personne ne va prendre la responsabilité de faire perdre de l’argent aux puissants de ce monde »

« Nous avons besoin de nous donner des objectifs sectoriels, comme réduire les pesticides ou favoriser l’agroécologie, avec des chiffres précis, explique Yann Laurans. Mais c’est difficile à faire admettre politiquement, je doute qu’on y parvienne. Les pays sont toujours très sensibles à protéger leurs intérêts nationaux et leurs activités économiques. » Hélène Soubelet se montre encore plus pessimiste : « Sans catastrophe majeure, personne ne va prendre la responsabilité de faire perdre de l’argent aux puissants de ce monde ».

Parmi les points de blocage qui pourraient surgir cette semaine, Arnaud Gauffier met en avant le « partage de la responsabilité » : qui va payer pour la préservation des espèces et la restauration des écosystèmes ? « Ceux qui ont le plus fort impact, la plus forte prédation, ce sont les pays développés, affirme-t-il. Et ce sont aussi eux qui souffrent le moins de la perte de biodiversité, comme la disparition des mangroves ou le déclin des pollinisateurs. »

Autre sujet possible de débat : la reconnaissance des savoirs et des pratiques des peuples autochtones. Dans un communiqué, Jose Gregorio Mirabal, président du COICA (Coordination des organisations autochtones du bassin du fleuve Amazone) a appelé à un « pacte pour la nature » : « En tant que gardiens de 80 % de la biodiversité de la planète, les peuples autochtones doivent jouer un rôle central dans ce pacte, a-t-il précisé. Les gouvernements doivent reconnaître que nos connaissances ancestrales seront essentielles pour assurer notre avenir à tous sur cette terre. »