Ca tape tellement sur le ciboulot, cette épidémie, que j’ai rêvé d’un…

Ca tape tellement sur le ciboulot, cette épidémie, que j’ai rêvé d’un allocution d’Epidemiolok 1er. Mais son melon avait disparu.

Il commençait par présenter ses excuses et ses condoléances pour les 100 000 morts en ayant conscience de ses choix désastreux.

Puis il annonçait un investissement de 3 milliards €, pour partie en salaires, pour partie en matériel, pour s’engager dans une stratégie Zéro-Covid définitive. Et il égrenait, sans zozoter, une liste des choses mises en place en donnant à chaque fois un argument rationnel.

Bizarrement, il commençait par la mise à disposition d’une appli à QR code pour éviter les files statiques devant les commerçants: on arrive, on s’inscrit pour la file délocalisée et on va faire un tour au soleil. Le téléphone prévient de l’état de la file. Du Cédric O.

Ensuite il expliquait en termes simples ce que signifie une transmission par voie d’aérosols, le rôle primordial de la ventilation, les effets de sillage, même en extérieur, et comment monitorer le CO2 et en faire l’affiche dans les espaces publics.

Il trouvait un accent de vérité jusqu’ici inconnu et annonçait la réquisition par l’état d’une chaîne de fabrication de capteurs de CO2 NDIR par absorption infrarouge à 23€ de coût de revient, pour en produire 1000/jour. Il mobilisait des étudiants rémunérés pour les déployer

Il annonçait qu’il avait enfin compris que le risque variait quadratiquement avec le niveau de filtration des masques et que des masques chirugicaux bien mis, cela divisait par 100 le risque, et annonçait la commande à une PME bretonne de 10 millions de masques FFP2 par jour.

Il pensait que d’ici la fin de la semaine, des décontaminateurs de masque à UV-C sous vapeur de peroxyde d’hydrogène, avec des petits casiers numérotés permettant de les laisser 30′ heure et de retrouver ses masques propres seraient installés dans les écoles et lieux publics.

En effet, il trouvait insupportable la charge pour la planète de masques qu’on jette et entendait pleinement profiter qu’on puisse décontaminer 4 fois les masques, par un service public.

Il faisait appel au monde de la recherche, en présentant ses excuses d’avoir cru par des lectures diagonales, sans payer le coût d’entrée dans des disciplines auxquelles il n’entend rien, suppléer à ceux dont le métier vise à dire le vrai sur le monde, et aux ingénieurs.

Il leur demandait de travailler à la sécurisation des lieux publics, à commencer par les cantines scolaires et les restaurations collectives d’entreprise, mais aussi les terrasses de café, les cinoches, les salles de concert, etc, pour ajouter ventilation/aspirateurs à Covid.

Surtout, il annonçait que quand ça irait mieux, quand on ferait printemps (il ne se refait pas) plutôt qu’être pris dans cette pluie de cendres et de morts, il faudrait éviter des résurgences en étant capables d’endiguer très rapidement toute reprise épidémique.

Il n’y allait pas de main morte, le petit père Macron: il disait clairement que l’appli « Stop Covid » était inepte dans le fait même qu’elle niait les voies de transmission épidémique et que le résultat était inutilisable, et que l’investissement de l’Etat irait au bon endroit

Il annonçait 60 000 recrutements d’épidémiologistes de terrain qui feraient un travail local d’information populaire, de détection quartier par quartier des voies de propagation épidémique, d’aide à l’isolement, de prêt de purificateurs d’air, de décontamination, de tests.

Il disait qu’il avait conscience du danger que l’on puisse se servir de ces « ilotiers » à des fins répressives et que leurs droits et devoirs, et le fait qu’ils soient tenus strictement au secret médical, serait strictement encadré.

Il donnait le coût pour la société, modeste, pour déployer cette médecine préventive qui s’adapte à la manière de vivre des citoyens, qui s’appuie sur eux, plutôt que par des injonctions paternalistes venues du sommet de l’Etat.

Enfin, il passait au long terme et analysait la part de son échec due à la désindustrialisation du pays, empêchant l’Etat de produire pour répondre aux besoins, il analysait l’échec de Sanofi et celui de l’Institut Pasteur, pour le vaccins.

Il s’engageait à changer de paradigme pour l’organisation de la recherche, après 20 ans d’erreurs, et il annon…

Brebrebrebrebre.

« Vous écoutez France Culture, il est 7h15 et notre invité matin est Stanislas Dehaene. Alors, faut-il fermer les écoles? »

Credits Pr_Logos (Twitter)
🙏

Si tu es écolo, pourquoi es-tu si connecté ?

Marie Duru-Bellat, Sociologue

https://www.alternatives-economiques.fr/marie-duru-bellat/es-ecolo-es-connecte/00088783

Comme le proclamait de manière à peine provocante le philosophe G. A. Cohen, « si tu es pour l’égalité, pourquoi es-tu si riche ? », on peut se demander s’il n’y a pas un paradoxe à voir notre belle jeunesse se mobiliser pour le climat tout en gardant précieusement dans sa poche son smartphone, pour se connecter sans modération à ses « amis » (plus d’un jeune sur deux y passe plus d’une heure par jour).

Nombre d’entre nous partagent avec les plus jeunes une addiction « numérique » vécue sans mauvaise conscience. Avec ces milliers de mails, ces vidéos chargées sur YouTube, ces échanges de tweets qui deviennent un mode de communication officiel, nous attestons de notre efficacité, nous cultivons l’impression de vivre à 100 à l’heure, hyperinformés et hypermodernes, et de plus quasiment tout-puissants avec ces objets qui font tout à notre place.

Et « écolo », pour couronner le tout : n’est-il pas évident que toutes ces formes de « dématérialisation » sauvegardent la nature, telle la liseuse qui vient épargner le papier ? Pourtant, nul besoin d’être un expert en énergie pour comprendre qu’entre les matériaux nécessaires à sa fabrication, les coûts de transport afférents, son obsolescence programmée et les téléchargements requis ensuite pour l’alimenter ainsi que le stockage des fichiers, sans compter l’impossibilité de se prêter les ouvrages, la liseuse ne supporte pas la comparaison écologique avec le papier…

Mais chut ! Il est impossible de critiquer le tout-numérique sans apparaître comme un parfait ringard, tant le nouveau visage du progrès est incarné par ces technologies. Et ceci vaut pour la droite comme pour la gauche, volontiers dithyrambique à l’égard d’Internet, à l’instar de l’ancien député socialiste Christian Paul affirmant de manière prémonitoire « oui, Internet aide la prise des Bastille du XXIe siècle » ou Martine Billard (aujourd’hui France insoumise) estimant qu’« il a rendu possible l’expression de tous les sans-culottes »…

Technologie énergivore

Au-delà de ce qu’on peut considérer comme une certaine naïveté1, y a la conviction bien ancrée que la « révolution numérique », concrètement toute « nouvelle technologie », nous fait faire un pas en avant vers un monde meilleur, à moins qu’il ne s’agisse simplement, dans une course en avant dont le sens nous échappe, de ne pas être en retard sur nos voisins d’outre-Atlantique.

Fondamentalement, les nouvelles technologies semblent concilier préoccupation écologique et croissance, une croissance immatérielle permettant d’écarter le spectre de la décroissance. L’inflation numérique est pourtant clairement anti-écologique. Non seulement Internet consomme de l’énergie, mais la toile entretient une inflation consumériste en diffusant des messages publicitaires (contrepartie de la gratuité d’Internet) vecteurs d’achats compulsifs.

A nouveau en toute bonne conscience puisque les nouveaux produits se présentent souvent comme plus « écolos », alors qu’ils sont très souvent plus puissants (consommant donc plus), et moins durables (à l’instar des écrans de télévision LCD par exemple).

A l’heure actuelle, la demande énergétique des NTIC croît de + 10 % par an et celles-ci sont responsables de 14 % de la consommation électrique. Contrairement à ce qu’on imagine volontiers implicitement, notre portable ou notre ordinateur ne sont pas de petits terminaux isolés mais n’existent que reliés à toute une architecture, notamment ces data centers dont la consommation est impressionnante. Certaines « fermes informatiques » consomment autant que 80 000 foyers américains.

Depuis la consommation de minéraux jusqu’à la production de déchets électroniques, et sans compter les coûts géopolitiques ou psychologiques (dégradation de l’attention, moindre tolérance à l’ennui, fuite des contacts directs…), la démesure « techno » est extrêmement coûteuse d’un point de vue écologique. Les analyses de l’Ademe en fournissent maints exemples concrets : alors qu’en une heure, on compte 180 millions de recherches Google dans le monde, une recherche sur Google utilise autant d’énergie qu’une ampoule basse consommation pendant une heure2.

Certes, il n’est ni possible ni toujours souhaitable d’échapper à l’« internetisation » dans nombre de domaines, mais il est impératif d’en analyser les effets et les enjeux : loin que cela constitue une grande évolution progressiste, bien au contraire, cela nous engage plutôt sur une voie anti-écologique. La transition écologique exigera de payer l’énergie plus chère, et nécessitera une politique d’ensemble passant par une mise à plat de nos consommations, et par une prise de conscience. Bien peu de choses sont en fait « immatérielles ».

    • 1.Une attitude pas si nouvelle, cf. « Le consensus numérique des candidats à la présidentielle », Le Monde, 17 avril 2012.
  • 2.Voir sur le site de l’Ademe, « La face cachée du numérique »,  novembre 2018.

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B&W

Un week-end classique, dépressif ?

Peut-être bien, normal quoi ce qui est pire, peut-être aussi.